sens au travail

comment (re) donner du sens au travail

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Après le « Burn-out », épuisement provoqué par une surcharge physique, émotionnel ou mental résultant de situations de travail trop exigeantes est apparu le « Brown-out », une baisse d’engagement et une démotivation due à une perte de sens.

Selon un sondage d’Opinion Way de juin 2022, plus de 4 salariés sur 10 envisageraient de quitter un emploi pour un travail ayant plus de sens. Alors comment faire pour éviter d’amplifier la vague de démissions que nous vivons depuis la fin de l’année 2021 ?

Donner du sens en entreprise : de quoi parle-t-on ?

Le mot sens a deux origines. La première, vient du latin sensus, qui signifie « Ressentir ». La seconde provient des langues germaniques, sen, qui signifie « Direction, chemin ». En entreprise, l’expression « Donner du sens » est influencée par ces deux mots, à savoir « Donner une direction qui provoque un ressenti ».

Le sens est l’un des principaux éléments déclencheurs de la motivation. Dérivé de motiver, qui signifie « Justifier par des motifs » la motivation peut se définir comme « L’ensemble des facteurs dynamiques qui orientent l’action d’un individu vers un but donné ».

Donner du sens consiste donc à formuler une « Direction qui provoque un ressenti qui donne envie d’agir » et si l’on écoute les salariés, le sens repose en premier lieu sur le sentiment d’utilité.

Alors, comment s’y prennent les entreprises pour montrer que ce qu’elles font est utile ?

La plupart des entreprises se présentent en évoquant ce qu’elles font, leurs missions, leurs activités, le « Quoi ? » comme, par exemple, « Vendre des outils de bricolage » ou « Louer des appartements ». J’ignore ce que cela provoque en vous mais, pour nous, pas grand-chose. Se limiter à cette présentation n’est non seulement pas stimulant mais surtout absolument pas différenciant de ses concurrents, donc peu attractif.

Quant à la présentation des emplois, ils sont plutôt formulés sur la base des besoins de l’entreprise que leur raison d’être.

Donner du sens, du « Quoi ? » au « Pour quoi ? »

C’est la raison pour laquelle il est essentiel pour les entreprises de présenter le sens de leur action en répondant à la question « Pour quoi ? ».

Cette formulation peut être exprimée à trois niveaux :

  • Au niveau de l’entreprise:

Ce premier niveau consiste à donner le sens de la raison d’être de l’entreprise, sa vision, son ambition, sa finalité, sa création de valeurs sur le marché, ce qu’elle souhaite apporter de positif au monde. Il s’agit à ce niveau de présenter aux candidats ce pour quoi tous les acteurs de l’entreprise œuvrent et doivent se mobiliser.

Cette formulation n’étant pas évidente, voici quelques exemples inspirants :

Si la mission de Leroy Merlin consiste à vendre des outils et des matériaux de construction, sa « Vision », ce qui anime tous ses salariés est « D’aider les habitants à rêver leur maison et les accompagner dans leur réalisation ».

Airbnb est certes une plateforme de location immobilière mais son ambition est de « Faire en sorte que nos clients se sentent comme chez eux, partout dans le Monde ».

De même pour l’enseigne Décathlon. Si son activité consiste à vendre des équipements sportifs, sa raison d’être est de « Rendre le sport accessible au plus grand nombre ».

Formuler en mode « Pour quoi ? » renseigne aussi sur la culture d’entreprise. Le sens constitue également un socle de référence qui peut être utilisé dans plusieurs actions managériales. Par exemple, l’entreprise peut s’y référer dans le cadre de l’innovation : « Qu’avez-vous envie de proposer de nouveau qui permet de rendre le sport accessible au plus grand nombre ? ». C’est également précieux lorsqu’il faut formuler un feedback : « Penses-tu que la manière dont tu t’es entretenu avec notre client lui a permis de rêver sa maison ? ».

  • Au niveau d’une entité :

La formulation du « Pour quoi ? » peut aussi être faite au niveau des entités (Directions, départements, pôles, services…).

Par exemple, le service de restauration d’un hôpital a bien comme mission de préparer les repas mais peut avoir comme sens de « Faire vivre aux patients des moments d’évasion et de plaisirs gustatifs » tout comme une direction de contrôle de gestion peut avoir comme finalité de « Communiquer toutes les informations utiles à la prise de décision de la gouvernance ».

  • Au niveau d’un emploi :

Ce niveau est sans aucun doute celui où il convient d’agir en priorité pour donner envie aux personnes de transmettre leur candidature, notamment concernant des métiers considérés comme peu attractifs ou dévalorisés.

Tout d’abord, nous pensons qu’il n’existe pas de sous-métiers et que chaque emploi peut-être porteur de sens et source d’épanouissement. C’est pourquoi ils doivent être décrits sur la base du « Pour quoi ? ».

Ainsi, pour le métier de « Ripeur » (autrefois intitulé éboueur), mieux vaut le présenter comme un métier qui contribue à « Rendre le cadre de vie des citoyens agréable et préserver l’environnement » que de mentionner qu’il consiste à « Ramasser des poubelles ».

Idem pour un agent de nettoyage. Il est préférable de la présenter comme un emploi qui contribue à ce que les salariés « Éprouvent du bien-être à travailler dans un environnement salubre, propre et agréable » que d’écrire qu’il consiste à « Vider les poubelles et nettoyer des bureaux ».

Il est par conséquent grand temps de revoir la manière dont les organisations et les emplois sont présentés.

 

 

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