Comment faire pour que chacun se comporte en adulte responsable ?

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Le modèle des Transactions permet aux entreprises de comprendre la nécessité d’évoluer d’une relation « Parent/Enfant » à « Adulte/Adulte » pour développer une culture managériale coresponsable.

De quoi parle-t-on ?

Selon Eric Berne, fondateur de l’Analyse Transactionnelle, une transaction est un échange de signes de reconnaissance (un stimulus et une réponse) provenant d’un état du moi de l’un des interlocuteurs et atteignant un état du moi de l’autre interlocuteur.

Ce concept distingue 4 grands types de transactions que nous vous présentons de manière simplifié :

Les transactions parallèles

Les transactions complémentaires

Les transactions croisées

Les transactions cachées

  • Les transactions « parallèles » sont les plus simples car les états du moi de l’émetteur et du récepteur sont identiques. Les échanges se déroulent donc facilement, en parfaite compréhension réciproque, sans accroc. De tels échanges peuvent se poursuivre indéfiniment.
  • Les transactions « complémentaires » sont des échanges entre deux états du moi différents, comme par exemple un manager qui émet dans un état « parent normatif » et un collaborateur qui reçoit dans un état « enfant soumis ». Cette transaction peut être désagréable mais aussi agréable quand les états du moi des personnes leurs conviennent ou quand les circonstances s’y prêtent. Ce type de relation peut donc durer longtemps (avec l’accord conscient ou inconscient des personnes) ou être occasionnel (en cas de situation de crise par exemple).
  • Les transactions « croisées » se produisent lorsque le récepteur répond sur un autre mode de communication que celui attendu par l’émetteur.  En général ces transactions posent problème à l’émetteur lorsque le récepteur n’est pas sur le même état du moi que lui. En effet, l’émetteur attend une réponse qui n’est pas celle émise par le récepteur. Ce décalage entraîne une réorganisation des échanges qui ne peuvent continuer sur cette lancée compte tenu du risque d’incompréhension, de désaccord, voire de conflit. Pour que la communication se poursuive, il faut que l’un des interlocuteurs change d’état du moi et s’aligne sur celui de l’autre.
  • Les transactions « cachées » se produisent lorsqu’il y une différence entre l’état du moi activité par l’émetteur et celui perçu par le récepteur (par exemple, le récepteur énonce un fait – Adulte – mais la communication est perçue comme un reproche – Parent Normatif) ou lorsque l’émetteur pense qu’il est dans un état du moi qui n’est pas celui activé par la communication (par Exemple, l’émetteur pense communiquer consciemment un fait en Adulte alors que sa communication se fait inconsciemment en Parent Normatif en reproche).

Toutes ces catégories de transactions sont évidemment des simplifications de la complexité humaine mais leur illustration graphique permet de mieux comprendre les difficultés de communication, ainsi que ce qu’il est opportun de changer pour que les relations soient plus efficaces et épanouissantes.

Lien avec l’innovation managériale

Si le concept des « Etats du moi » apporte un éclairage sur les postures adoptées par les managers en fonction des cultures managériales, celui des transactions permet de mieux comprendre l’influence de ces postures sur la relation avec leurs collaborateurs.

Tableau des transactions types entre les managers et collaborateurs selon la culture managériale

La position donnée au manager, du fait du « principe de subordination unilatérale hiérarchique » cher au management traditionnel positionne, dans l’ensemble, le manager dans une posture de Parent (soit Normatif, soit Bienveillant selon la personnalité ou la culture d’entreprise).

Si cette relation « complémentaire » peut être satisfaisante pour certaines personnes, elle peut aussi être source de frustration et de désengagement pour d’autres. Qui plus est, cette relation ne permet pas d’offrir une réelle autonomie aux collaborateurs, ni de les rendre auteurs et acteurs de leur épanouissement professionnel car tous les actes, désirs des collaborateurs, en posture d’enfant, doivent être soumis à validation du manager.

Jusqu’à l’apparition de la culture collaborative, toutes les précédentes cultures managériales étaient basées sur la relation « Parent Normatif » / « Enfant Rebelle ou soumis ». C’est la raison pour laquelle les innovations managériales ne remettant pas en cause ce type de transaction étaient plutôt bien admises. Montrer comment réaliser une activité (Paternalisme – le patron), donner un ordre (Directif – le chef), transmettre une règle (Bureaucratique – le manager) ou fixer un objectif (Stratégique – Le leader) reposent sur une posture de « Parent Normatif ».

La première rupture fut le management collaboratif puisqu’il était demandé au manager coach de prendre soin de ses collaborateurs (Parent Bienveillant – Enfant Libre). Outre le fait que le lien de subordination unilatérale hiérarchique demeure et si l’intention était noble, ce nouvel état du moi managérial a eu pour effet de faire passer certains collaborateurs à un état d’Enfant Libre, ce qui s’est traduit pour une augmentation d’une certaine forme de désinvolture, propre à l’enfant libre et d’égoïsme (le lecteur nous pardonnera de cette simplification).

Quoi qu’il en soit, la posture de Parent ne permet pas l’autonomisation qui est le fondement de la culture coresponsable.

L’innovation managériale a pour but d’instaurer une collaboration sur la relation « Adulte / Adulte ». A ce titre, le concept des transaction permet à l’entreprise :

  • D’accepter que leur mode de management traditionnel ne permet pas d’instaurer la coresponsabilité tant que les managers seront dans une posture de Parent
  • D’impulser une dynamique de transformation managériale permettant d’évoluer d’une relation « Parent / Enfant » à « Adulte / Adulte ».
Etapes d'évolution des transactions de "Parent / Enfant" à "Adulte / Adulte"

L’expérience démontre que, si les acteurs ne changent pas d’états du moi, les transactions resteront toujours de même nature car, comme l’a précisé Paul Watzlawick[1] « Toujours plus de la même chose donne toujours plus du même résultat ». Or beaucoup de pratiques managériales innovantes nécessitent d’être appréhendées avec un état du moi Adulte.

Pour instaurer une relation « Adulte / Adulte », le Parent doit changer d’état du moi en premier pour que l’enfant puisse adopter ce nouvel état du moi de manière à pouvoir échanger, le plus possible » sur la base du transaction « parallèle ».

Exemples de pratiques qui intègrent ce concept 

Presque toutes les pratiques managériales innovantes reposent sur la transaction parallèle « Adulte / Adulte ». Voici deux exemples :

[1] Paul Watzlawick fut à la fois psychologue, psychothérapeute, psychanalyste jungien, sociologue et membre fondateur de l’École de Palo Alto

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